En bref
Une clôture de jardin originale tient en dix familles : ganivelle, plessis tressé, lames mêlées, roseau, fer forgé sur muret, acier corten, métal découpé, gabion, muret ajouré et palissade qui suit la pente. Avant d’en choisir une, lisez le plan local d’urbanisme : il fixe souvent la hauteur, l’aspect et les matériaux, et certaines zones exigent une déclaration préalable.
Cette page commence par ce que la commune peut imposer, puis présente chaque idée de clôture de jardin originale, regroupée par matière, avec l’entretien que chacune demande, et un tableau pour les comparer.
Avant de choisir : ce que la commune peut imposer
Une clôture est en principe dispensée de formalité, mais pas de règles. Le plan local d’urbanisme (PLU, le règlement de votre commune ou de votre intercommunalité) peut encadrer sa hauteur, son aspect et ses matériaux, et la règle n’est pas la même côté rue et entre voisins.
La déclaration préalable est obligatoire dans quatre cas (article R*421-12 du Code de l’urbanisme) : aux abords d’un monument historique ou dans un site patrimonial remarquable, dans un site inscrit ou classé, dans un secteur protégé délimité par le PLU, et dans toute commune dont le conseil municipal a décidé de soumettre les clôtures à déclaration. La mairie vous dit en une phrase si vous êtes concerné.
Un exemple montre jusqu’où va un règlement. Dans le PLUi de Val d’Ille-Aubigné, en Ille-et-Vilaine, une clôture sur rue en zone urbaine centrale ne dépasse pas 1,60 m portail compris, et le mur se tient entre 0,80 et 1,50 m, éventuellement surmonté d’une grille sans brise-vue.
Entre voisins, la même zone autorise 2 m mais interdit les panneaux préfabriqués en béton, sauf en soubassement. Une palissade pleine en lames serrées, parfaitement originale, y serait refusée côté rue.
Certains règlements, dont celui de Val d’Ille-Aubigné, exigent que la clôture laisse passer la petite faune (hérissons, batraciens). Un soubassement plein sur toute la longueur ne le permet pas : prévoyez des ouvertures au ras du sol.
Les clôtures en bois et en fibres naturelles
Le bois et les fibres végétales donnent les clôtures les plus faciles à poser soi-même. Leur point commun : sans traitement, elles grisent au bout de quelques saisons, et c’est souvent ce qui les rend belles.
La ganivelle en châtaignier
La ganivelle (des lattes de châtaignier fendu reliées par des fils de fer torsadés) vient des dunes du littoral. Vendue en rouleau, elle se déroule et se fixe sur des piquets. Le châtaignier est riche en tanins : il se passe de traitement et grise sans pourrir vite.
Mon avis : c’est l’idée la plus simple de cette liste pour un jardin de campagne, mais elle reste ajourée. Elle délimite et arrête un chien, elle ne cache rien.
Le plessis de saule ou de noisetier
Le plessis (des branches souples tressées entre des piquets) se fabrique avec la taille du jardin ou des tiges de saule achetées en botte. Il donne une clôture pleine, très naturelle, qu’il faut retendre ou compléter tous les quelques hivers, quand les branches sèchent.
Les lames de hauteurs ou de couleurs mêlées
Une palissade classique devient originale quand on varie la largeur des lames, leur hauteur ou leur teinte : deux couleurs en alternance, des lames verticales irrégulières, un bandeau ajouré en haut pour la lumière. C’est l’idée qui change le plus l’aspect pour le moins d’effort, en bois comme en composite.
Le roseau et le bambou
Le roseau et le bambou se posent en canisses fixées sur un grillage existant ou en panneaux tenus par des poteaux. Ils occultent bien et donnent une ambiance de bord d’eau, mais ce sont les matériaux de cette liste qui vieillissent le plus vite au soleil et au vent.
Les clôtures en métal
Le métal dure le plus longtemps quand il est bien protégé, et c’est lui qui ouvre les dessins les plus libres. Sa faiblesse est toujours au même endroit : le bas des barreaux et les soudures, où l’eau stagne.
La grille en fer forgé sur muret
Une grille ancienne en fer forgé, achetée chez un récupérateur de matériaux, posée sur un muret, donne une clôture qu’aucun catalogue ne reproduit. Elle demande d’adapter la longueur aux piliers, souvent par un ferronnier, et un traitement antirouille avant peinture.
Mon avis : c’est l’idée que je préfère côté rue, parce qu’elle laisse voir le jardin, et qu’un règlement comme celui de Val d’Ille-Aubigné autorise une grille sur muret côté rue là où il refuse un brise-vue.
L’acier corten
L’acier corten se couvre d’une couche de rouille stable qui protège le métal en dessous. Découpé en panneaux pleins ou ajourés, il donne une clôture brun orangé qui ne se peint pas. Il tache le sol et les murets en dessous les premières années, le temps que la patine se stabilise.
Les panneaux de métal découpé
Des panneaux d’acier ou d’aluminium découpés au laser, en motifs végétaux ou géométriques, s’intercalent entre des poteaux ou des lames pleines. Ils servent souvent de point fort sur quelques mètres plutôt que sur toute la longueur, ce qui limite le budget.
Les clôtures en pierre
La pierre est la plus durable et la plus lourde. Elle demande une fondation, et un mur plein se heurte vite aux hauteurs maximales du PLU.
Le gabion
Le gabion (une cage en treillis d’acier galvanisé remplie de pierres) monte comme un mur sans maçonnerie. Il isole bien du bruit et se marie avec des lames de bois ou de composite. Il faut en revanche beaucoup de pierres pour le remplir, ce qui en fait une idée chère sur une grande longueur.
Le muret surmonté d’un dispositif ajouré
Un muret bas en pierre, en moellons ou enduit, surmonté de lames espacées, d’une grille ou d’un grillage, combine la solidité de la pierre et la légèreté du dessus. C’est la formule que le PLUi de Val d’Ille-Aubigné décrit pour plusieurs de ses zones, sous le nom de mur bahut, avec un muret de 0,50 à 0,80 m.
La clôture qui suit le terrain : en escalier ou en arrondi
Sur un terrain en pente, une palissade en escalier (des panneaux posés de niveau, décalés d’un poteau à l’autre) évite les lames coupées en biais. Une clôture qui suit une courbe, en lames verticales sur des lisses cintrées, adoucit un angle de jardin. Les deux demandent une pose plus précise qu’une clôture droite.
Comparer les dix idées d’un coup d’œil
| Idée | Aspect | Entretien | Durée | Soi-même |
|---|---|---|---|---|
| Ganivelle | Ajourée | Aucun | Moyenne | Oui |
| Plessis tressé | Pleine | Retendre, compléter | Courte | Oui |
| Lames mêlées | Pleine ou ajourée | Selon le bois | Moyenne à longue | Oui |
| Roseau, bambou | Pleine | Remplacer | Courte | Oui |
| Fer forgé sur muret | Ajourée | Antirouille, peinture | Longue | Avec un ferronnier |
| Acier corten | Pleine ou ajourée | Aucun | Longue | Pose oui, découpe non |
| Métal découpé | Décorative | Faible | Longue | Pose oui |
| Gabion | Pleine | Aucun | Longue | Oui, avec de l’aide |
| Muret ajouré | Mixte | Faible | Longue | Maçonnerie |
| Escalier ou arrondi | Selon le matériau | Selon le matériau | Selon le matériau | Pose précise |
Choisissez l’idée, puis lisez le règlement de votre zone
Retenez deux idées qui vous plaisent, puis ouvrez le règlement du PLU à la zone de votre parcelle, à la rubrique des clôtures : hauteur, aspect et matériaux y sont écrits. Si une déclaration préalable s’impose, déposez-la avant d’acheter quoi que ce soit.
Sources
- Code de l’urbanisme, article R*421-12, clôtures soumises à déclaration préalable
- Communauté de communes Val d’Ille-Aubigné, « Edifier une clôture sur le territoire de la communauté de communes », septembre 2022
- Plan local d’urbanisme intercommunal de Val d’Ille-Aubigné, approuvé le 25 février 2020, règlement des clôtures
