En bref
Un muret en moellons tient par trois choses : une fondation drainante, des pierres croisées et liées par des boutisses qui traversent le mur, et un couronnement qui empêche l’eau d’entrer par le haut. Le mortier se fait à la chaux : pour une chaux NHL 3,5, son fabricant indique une part de chaux pour 2 à 2,5 parts de sable 0/4. La hauteur se vérifie d’abord dans le PLU.
Pour monter un muret en moellons, cette page suit l’ordre du chantier : la hauteur autorisée, la fondation, le mortier, la pose des pierres, le couronnement et les joints.
Avant de creuser : la hauteur que le PLU autorise
Un muret de clôture côté rue relève du plan local d’urbanisme, qui fixe souvent sa hauteur et parfois son aspect. Dans le PLUi de Val d’Ille-Aubigné, par exemple, un mur sur rue en zone centrale se tient entre 0,80 et 1,50 m, et un mur bahut en zone pavillonnaire entre 0,50 et 0,80 m, surmonté d’un dispositif ajouré.
Ce muret bas surmonté d’une grille est d’ailleurs l’une des idées de clôture qui combinent un muret et une grille les plus durables. Consultez la mairie avant le premier coup de pioche : une déclaration préalable peut être exigée selon le secteur.
Une fondation drainante
Les guides de pose s’accordent sur une tranchée d’environ 40 à 60 cm de large et 30 cm de profondeur, garnie d’une vingtaine de centimètres de cailloux et de gravier bien damés. Cette assise porte le poids des pierres et laisse partir l’eau, qui sinon gèlerait sous le premier rang.
Tendez ensuite deux cordeaux le long du tracé, un pour chaque face, et réglez-les sur des gabarits plantés aux extrémités. Ils guideront l’alignement et le fruit, cette légère inclinaison des faces vers l’intérieur qui stabilise un mur en pierre.
Le mortier : de la chaux, pas du ciment
La pierre naturelle se maçonne à la chaux. Saint-Astier, qui produit de la chaux hydraulique naturelle, indique pour sa NHL 3,5 en maçonnerie de pierres une part de chaux pour 2 à 2,5 parts de sable 0/4, en renvoyant au DTU 20.1, le texte de référence de la maçonnerie.
Un mortier de ciment est plus dur et moins perméable que la plupart des pierres de pays. L’humidité ne sort plus par les joints, elle sort par la pierre, qui s’effrite au gel. La chaux, plus souple et plus perméable, laisse le mur respirer.
Gâchez à la bétonnière par petites quantités : un tiers de l’eau, la moitié du sable, la chaux, encore de l’eau, le reste du sable, puis l’eau restante jusqu’à une pâte plastique qui tient sur la truelle.
Poser les pierres, rang par rang
Triez d’abord le tas : les plus grosses pierres pour le premier rang et les angles, les plus longues pour les boutisses, les éclats pour caler et remplir.
- Étalez une couche de mortier sur l’assise et posez le premier rang le long du cordeau, la plus belle face vers l’extérieur.
- Calez chaque pierre avec des éclats ; l’alignement se contrôle à l’œil, les faces n’étant pas régulières.
- Pour chaque rang suivant, recouvrez les joints verticaux du rang inférieur : deux joints alignés forment une fente qui fend le mur.
- Glissez régulièrement une boutisse, une pierre longue posée en travers qui lie les deux faces du muret.
- Garnissez le cœur du mur au fur et à mesure avec du mortier et des éclats, sans laisser de vide.
- Montez les angles et les extrémités en premier, avec les pierres les plus régulières : ce sont les chaînages qui tiennent le reste.
Cette méthode vaut pour un muret de clôture qui ne retient pas de terre. Un mur qui soutient un talus ou un terrain en pente travaille sous la poussée de la terre et de l’eau : il relève d’un calcul de soutènement et d’un professionnel.
Le couronnement, contre l’eau
Le haut du muret est son point faible : l’eau qui s’infiltre par le dessus gèle dans le cœur et pousse les pierres vers l’extérieur. Terminez par des pierres plates et larges, des dalles ou un chaperon qui débordent légèrement des deux faces et renvoient l’eau de part et d’autre.
Les joints, à la fin
Retirez l’excédent de mortier dès qu’il commence à prendre, en creusant légèrement les joints, puis brossez-les quand ils ont durci en surface. Notre avis : nous préférons des joints un peu en retrait de la pierre, pour qu’on lise le moellon et non le mortier.
Triez vos pierres avant le premier coup de pioche
Vérifiez la hauteur autorisée, creusez une fondation drainante, gâchez un mortier de chaux, puis montez en croisant les joints et en plaçant des boutisses. Un tas trié à l’avance fait la moitié du travail.
Sources
- Saint-Astier, fiche produit « Chaux pure blanche LC », chaux hydraulique naturelle NHL 3,5
- Communauté de communes Val d’Ille-Aubigné, « Edifier une clôture sur le territoire de la communauté de communes », septembre 2022
